Le macareux moine (Fratercula arctica) est un oiseau marin du nord de l’Atlantique qui niche en colonie sur les falaises et passe la majeure partie de l’année au large. Son bec multicolore est surtout spectaculaire pendant la reproduction ; en hiver, ses plaques colorées s’atténuent et l’oiseau mène une vie beaucoup plus discrète en mer.
Fiche d’identité
- Famille : Alcidae, comme les guillemots et les pingouins torda.
- Répartition : Atlantique Nord, du nord-est de l’Amérique au Groenland, à l’Islande, à la Norvège et aux côtes européennes.
- Habitat : îles et falaises pour nicher ; haute mer hors reproduction.
- Régime : surtout petits poissons, complétés selon les zones par des crustacés et d’autres proies marines.
- Statut mondial : vulnérable, avec une tendance décroissante selon BirdLife DataZone.
Pourquoi son bec change-t-il de couleur ?
Au printemps, le bec devient plus large et plus vivement coloré. Ces ornements saisonniers participent aux signaux entre adultes pendant la période de reproduction. Après la saison, les plaques externes tombent et les couleurs s’estompent. Un macareux hivernal peut donc sembler plus terne sans appartenir à une autre espèce.
Un oiseau qui « vole » sous l’eau
Le macareux poursuit les poissons en utilisant ses ailes comme des nageoires et ses pattes comme gouvernail. BirdLife indique qu’il capture ses proies généralement dans les couches supérieures de la mer, tout en pouvant descendre plus profondément. Son corps compact et ses ailes courtes sont efficaces sous l’eau, mais exigent des battements très rapides en vol.

Comment transporte-t-il plusieurs poissons à la fois ?
Le bord du bec et la langue lui permettent de maintenir plusieurs proies tout en continuant à pêcher. Cet avantage est essentiel quand un adulte nourrit son poussin : il peut rapporter une série de petits poissons au terrier en un seul voyage. Le nombre varie selon la taille et la disponibilité des proies ; les records spectaculaires ne doivent pas être pris pour une ration normale.
Où construit-il son nid ?
Le couple utilise un terrier creusé dans une pente herbeuse ou une cavité entre les rochers. La ponte comprend généralement un seul œuf. Les deux parents participent à l’incubation et à l’alimentation du jeune. Le poussin reste caché, ce qui le protège en partie des intempéries et des prédateurs aériens.
Que fait le macareux en hiver ?
Après la reproduction, il quitte les falaises et peut rester plusieurs mois en mer. Les suivis montrent que les individus d’une même colonie ne choisissent pas nécessairement la même route. Ce temps au large explique pourquoi l’espèce, très visible sur quelques sites touristiques en été, devient difficile à observer pendant la mauvaise saison.
Pourquoi l’espèce décline-t-elle ?
Le bilan de BirdLife associe le déclin à plusieurs pressions : raréfaction ou déplacement des poissons-proies, réchauffement de la mer, captures accidentelles dans les engins de pêche, pollution, prédateurs introduits sur les îles et dérangements près des colonies. Ces facteurs n’agissent pas partout avec la même intensité.
La disponibilité de poissons de taille convenable au bon moment est déterminante. Un adulte peut trouver de la nourriture pour lui-même sans réussir à rapporter assez de petites proies au poussin. Les changements océaniques peuvent ainsi affecter la reproduction avant de provoquer une baisse immédiatement visible du nombre d’adultes.
Comment observer une colonie sans la déranger ?
- Restez sur les sentiers et respectez les zones fermées.
- Gardez une longue distance avec les terriers : ils peuvent être invisibles sous l’herbe.
- N’utilisez ni nourriture ni sons enregistrés pour attirer les oiseaux.
- Privilégiez les opérateurs et réserves qui limitent l’approche.
- Emportez tous les déchets et ne laissez jamais de fil de pêche.
Pour poursuivre l’exploration, consultez notre rubrique Oiseaux, notre article sur le rôle écologique des oiseaux transporteurs de nutriments et les nouvelles espèces marines identifiées en Argentine.
Pour comparer ce portrait avec celui d’un oiseau de compagnie, découvrez aussi le Diamant mandarin.
À voir sur Instagram
Cette publication de la National Audubon Society montre l’usage de leurres sociaux pour favoriser le retour des macareux sur des sites de nidification du Maine.
Si l’intégration ne s’affiche pas, ouvrir la publication directement sur Instagram.
La vidéo pour aller plus loin
Cette courte vidéo du WWF présente le macareux dans son milieu marin et complète le portrait sans remplacer les données de conservation de BirdLife.
Sources
- BirdLife DataZone — fiche du macareux moine
- BirdLife International — biologie et cycle annuel
- British Trust for Ornithology — données de reproduction
